HUMEUR

LÉGITIME?

Il y a des moments comme ça où je me prends à remettre en question mes choix, ma vie, la manière dont elle avance et dont je la gère (j’imagine d’ailleurs que c’est un phénomène qui se produit chez les trois quarts des gens, même inconsciemment).

Et si j’ai parfois du mal à mettre des mots sur des sentiments ou ressentis, j’ai récemment réalisé que j’avais un vrai gros problème avec la notion de légitimité.

Et il était temps.

Le déclic s’est fait suite au visionnage du documentaire « Elles prennent la parole », réalisé par le collectif Les Internettes. Le projet était d’offrir un moyen d’expression aux youtubeuses françaises, tous domaines confondus. Humour, beauté, histoire, société…. Une quinzaine de femmes ont été tout à tour interrogées et se sont livrées sur leur quotidien, leur place sur cette vaste plateforme, leurs ressentis. Et c’est dès les premières minutes que la question de la légitimité s’est posée. La légitimé de parler de certains sujets, la légitimité en tant que femme, en tant qu’individu parmi tant d’autres.

Et c’est là que j’ai compris. J’ai enfin capté que ce qui m’empêchait de faire certaines choses, c’était précisément ça.

À quel moment suis-je en droit d’explorer un sujet, d’en parler, d’y participer?

Ce problème est devenu quotidien et influence de nombreuses situations, dont trois principales.

Le choix de la branche professionnelle dans laquelle j’aimerais évoluer.

Je suis le type de personne à constamment avoir un tas de rêves en tête. Depuis toute petite, j’élabore des tas de scénarios, j’ai envie de croire en la possibilité de vivre de passions. Pour moi c’était clair: bosser dans le milieu du cinéma ou rien du tout. Je m’étais toujours dit que je n’y renoncerais pour rien au monde. J’ai fait du chant, j’ai fait du théâtre. Et c’est bien ça le problème. Je fais le premier pas sans aller jusqu’au bout des choses. Parce qu’au moment où je dois prendre la décision, celle des études ou projets à entreprendre, je suis stoppée par ce sentiment de ne pas en être capable, de ne jamais « être assez » par rapport à d’autres. Alors je me rabats finalement sur des choses plus terre-à-terre. Cette crainte de l’échec c’est précisément la chose qui m’empêche de me consacrer pleinement à des choses que me font plus kiffer que tout au monde.

L’évolution du blog.

La création de ce blog c’est un événement qui a rendu les choses bien plus simples à digérer. J’ai renoncé à des passions, mais j’ai maintenu cette envie de liberté de par ces articles publiés de manière régulière. Je crois que pour Eva comme pour moi, c’est un espace total de libre-expression où on peut aborder des sujets futiles comme plus graves sans trop se soucier de ce que les autres en penseront. C’est aussi une certaine forme d’indépendance. On crée du contenu sans se référer à quiconque, sans répondre à des impératifs comme ceux qu’on rencontre dans le système scolaire par exemple. Et là-dessus je crois qu’être deux sur ce projet m’a plus qu’aidée. À vrai dire, on était toutes les deux propriétaires de blogs avant celui-ci. Des espaces où on écrivait mais qu’on ne partageait pas par peur des réactions, j’imagine. Mais même sur THEMELTINGPOT, ce n’est qu’avec le temps qu’on parvient à aborder des choses qui changent. J’ai réussi à aborder la confiance en soi mais j’aimerais davantage explorer le féminisme, les sujets de sociétés, ainsi qu’approfondir des articles ciné. Sauf que problème de la légitimité prend alors un malin plaisir à se pointer pour me limiter à des choses plus simples, parfois plus superficielles.

La prise de parole.

Il y a aussi le simple de fait de partager son opinion avec d’autres. Si on prend les sujets de société par exemple, je trouve ça ultra galère de donner un avis et de le justifier. Je ne connais absolument pas tout sur tout et je crains toujours d’apporter une information erronée qui pourrait fausser le débat ou heurter quelqu’un. Alors je préfère ne pas m’engager de trop, donner mon avis global sans entrer dans les détails. Pour donner un exemple, je rejette complètement toute forme de racisme mais ne me sens pas légitime d’en parler dans la mesure où je n’y suis pas moi même confrontée. C’est un sujet délicat et si une conversation est lancée à ce propos je m’y engage en montrant malgré moi une certaine retenue. Je n’ai pas envie de blesser quiconque donc je m’abstiens.

Alors comment on fait?

En y réfléchissant, je me demande s’il ne faut pas accepter parfois de ne pas savoir faire ou de ne pas exceller dans un certain domaine ou par rapport à un certain sujet. T’as le droit de tenter de faire du théâtre ton métier si c’est ce que tu kiffes vraiment, t’as le droit de donner ton avis même si tu trompes. C’est sûrement comme ça qu’on apprend et qu’on se construit. En vivant les choses plutôt que de les observer.

Apolline

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